Rogier van der Heide, concepteur en éclairage néerlandais de renom, a déjà affirmé que « la conception de l’éclairage ne se résume pas au nombre de lumières ni aux lumens qu’elles produisent. Elle tient à l’histoire que les lumières racontent. » Au fil d’une brillante carrière en conception d’éclairage, Conor Sampson, B. Arch. 1996, a lui aussi raconté de nombreuses histoires.
« Ce qui m’a poussé à exercer ce métier, explique Conor Sampson, c’est que personne ne prête vraiment attention à l’éclairage tant que tout va bien. Mais dès qu’il y a un problème, tout le monde a son mot à dire, que ce soit à propos de l’éclairage de sa cour arrière, de sa salle de classe ou de son bureau. »
« À mes yeux, l’éclairage permet de transformer un espace sans recourir à des moyens importants. C’est justement cette subtilité qui la rend si intéressante : elle agit sans s’imposer. Dans la plupart des projets, nous cherchons plutôt à mettre en valeur, à souligner ou à renforcer ce qui existe déjà. »
« Ce qui m’a poussé à exercer ce métier, c’est que personne ne prête vraiment attention à l’éclairage tant que tout va bien. Mais dès qu’il y a un problème, tout le monde a son mot à dire. »
Conor Sampson, directeur, HLB Lighting Design
Fondateur de CS Design, firme montréalaise spécialisée en conception d’éclairage, Conor Sampson a participé à une grande diversité de projets, dont plusieurs pour des lieux emblématiques bien connus, comme l’hôtel de ville de Montréal et la Gare Union de Toronto. Son portfolio comprend également l’Oratoire Saint-Joseph (le nouveau dôme et le musée), la Tour du Port de Montréal et Impulse, installation interactive ludique présentée à la Place des Festivals, où des balançoires lumineuses produisaient de la lumière et de la musique au gré des mouvements des utilisatrices et utilisateurs. Cette œuvre primée a ensuite été installée à New York.
Au fil des ans, Conor Sampson et l’équipe de CS Design ont reçu plusieurs des plus importantes distinctions en architecture au Québec et au Canada, notamment le Prix d’excellence en architecture, le Prix de design urbain de l’Institut royal d’architecture du Canada et les Grands Prix du design. Il est aujourd’hui directeur de HLB, l’une des plus importantes firmes de conception d’éclairage au monde, à la suite de la fusion de CS Design avec HLB l’an dernier.

Après avoir écarté les domaines dans lesquels il n’était pas doué, Conor Sampson s’est dirigé vers l’architecture et la conception d’éclairage.
« Je voulais devenir neurochirurgien, mais j’ai rapidement compris que la chimie organique et la biologie n’étaient pas faites pour moi, se souvient-il. En revanche, je dessinais très bien et j’avais une excellente dextérité manuelle. J’ai donc obtenu un diplôme du cégep en privilégiant la programmation informatique et les arts, au détriment des cours de sciences. »
Il a ensuite fait des études en architecture à l’Université McGill.
« L’architecture offre probablement la formation classique la plus complète qui soit, estime-t-il. On y touche à tout : l’histoire, la peinture, le dessin, les mathématiques, la gestion de projet ainsi que des compétences relationnelles, comme la présentation et l’argumentation. C’est un programme remarquable. »

Après avoir choisi de se spécialiser en conception d’éclairage, il a obtenu une maîtrise dans ce domaine à la Parsons School of Design, à New York. Aujourd’hui, c’est à son tour de transmettre son savoir. Depuis 20 ans, il est professeur associé d’architecture à l’Université McGill.
« J’enseigne une discipline très spécialisée qui est pourtant au cœur de tout. Impossible de concevoir un bâtiment sans tenir compte de l’éclairage », affirme-t-il.
Le Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein, intégré au Musée des beaux-arts de Montréal, figure parmi les projets qui lui tiennent le plus à cœur. Le mandat consistait à éclairer le bâtiment sans percer le plafond ni laisser paraître le moindre élément technique.
« C’est une demande classique des architectes : la lumière doit bien venir de quelque part, mais on ne veut pas savoir d’où. Cela me convient parfaitement parce que je m’intéresse davantage à l’effet produit par la lumière qu’au dispositif qui la diffuse. Cela dit, il faut maîtriser les deux », explique-t-il. Les plafonds réfléchissants du pavillon amplifient l’effet de l’éclairage. Quand le pavillon a reçu une médaille du Gouverneur général en architecture, le jury a souligné la qualité du travail de Conor Sampson : « Le Pavillon est visible de loin et le soir, il se transforme en une lanterne illuminée, offrant ainsi une transition transparente et accueillante entre le musée et la ville. »

Conor Sampson met actuellement son expertise au service du Parc du développement durable de l’Université McGill, vaste pôle de recherche, d’enseignement et d’apprentissage en cours de construction sur l’ancien site de l’Hôpital Royal Victoria.
« C’est un projet colossal », affirme-t-il. Le projet prévoit l’éclairage de divers espaces, dont des auditoriums, des laboratoires de recherche et des salles de réunion, situés dans des immeubles neufs et des immeubles historiques restaurés.
Sur le plan architectural, lui et ses collègues doivent relever deux grands défis.
Les stratégies d’éclairage devront satisfaire aux exigences des normes LEED et WELL en matière de développement durable. Ces deux programmes accordent une place importante à la lumière naturelle. Il faudra donc veiller à ce que tous les bâtiments en bénéficient en quantité suffisante.
« L’ensemble du site est situé sur le versant est du mont Royal. Cette masse importante bloque une grande partie de la lumière du soleil, et la portion arrière du complexe se trouve derrière l’aile historique, en contrebas », explique-t-il.
« Pour faire entrer la lumière naturelle partout, les architectes ont conçu des puits de lumière qui permettront au soleil d’atteindre les différents espaces. »
Il faudra également relever un défi de taille : limiter l’éblouissement dans l’avant-cour, où de grandes salles de cours et des auditoriums seront aménagés sous des puits de lumière.
« Les espaces extérieurs constituent l’aspect le plus intéressant du projet, étant donné que nous travaillons dans un secteur protégé du mont Royal, explique Conor Sampson. Nous devons respecter des exigences qui se chevauchent : celles de la Ville de Montréal et celles qui s’appliquent au mont Royal, ainsi que les normes LEED et WELL en matière de pollution lumineuse. » L’éclairage devra être soigneusement maîtrisé « afin que la lumière ne se disperse pas partout ». La couleur de la lumière est également importante : « Un éclairage plus chaud perturbe moins le milieu naturel », précise-t-il.
Le Parc, dont l’ouverture est prévue pour 2029, comptera parmi les plus grands centres de recherche et d’enseignement au monde consacrés au développement durable. Il mettra également en valeur des solutions novatrices en conception d’éclairage, fruit de l’expertise de Conor Sampson.